french music
   
Les Enchanteurs music, e-magazine de la musique francophone e-magazine
de la musique
made in France
   Inscription Newsletter
A la UneAu service des artistesScènes & SallesMédias et internetDisquesPetites annoncesCommunauté
scènes et salles

Scènes & salles > articles

CAFÉS-CULTURES EN PÉRIL

Que diriez-vous d'un monde sans estaminets, sans bars de quartiers, sans  troquets, ou pire sans "cafés-cultures" ?  On a réglé son compte à la cigarette, l'alcool est dans le collimateur  des services de santé publique, le son se confond avec le bruit. Alors, que reste-il de nos cafés ?  que reste-il aux cafés ? Les amis du collectif Bar-Bars répondent sans hésitation :  la culture ! et ils aimeraient bien la servir l'esprit en paix ; c'est pourquoi, ils nous ont proposés de découvrir tout un pan de notre scène culturelle qui a mal à l'âme.

LA PREmiÈRE RENCONTRE NATIONALE DES CAFÉS-CULTURES

Cafés-cultures en périlDurant le Salon BIS 2008, s'est tenue la Première rencontre nationale des "cafés-cultures" organisée par l'association Collectif Culture Bar-Bars, avec le  soutien du Pôle de coopération des acteurs pour les musiques actuelles des Pays de Loire. À cette occasion, différents ateliers étaient organisés,  réunissant gérants de bars, artistes, acteurs culturels, représentants de collectivités territoriales et de l'État. Les axes de réflexions étaient de trois ordres :  social, culturel, économique. Ces rencontres ont mis en évidence  le rôle positif des cafés auprès des artistes et du public mais aussi leur difficulté d'exister face à une volonté de purifier l'espace public. Si ces petits établissements ne sont pas forcément moteurs en matière de mixité sociale, puisque chaque enseigne propose une identité — il y a le bar  branché, "intello", d'ouvriers, communautaire… — ils n'en demeurent pas moins des lieux de rencontres, de paroles et de vie.

C'est quoi un cafÉ-culture ?

Tandis que l'offre de spectacles s'est continuellement développée ces dix dernières années, le nombre de cafés a fortement diminué — même si ce constat peut-être pondéré par les changements de codes APE et de classifications. Les gérants de bar qui n'ont pas mis la clef sous la porte ont enregistré une baisse de leur fréquentation. Souhaitant inverser cette tendance, certains d'entre-eux programment des événements artistiques dans leurs murs. Ils ont rejoint ceux qui conçoivent leurs cafés avant tout comme des lieux d'accueil et de partages ; ceux qui de temps à autre transforment leurs  clients en public en leur offrant des spectacles gratuits.
L'appellation qui a semblé la plus adéquate pour ces cafés qui regroupent toutes sortes de pratiques culturelles  — philosophie, poésie, lectures, théâtres, concerts…— est celle de "cafés- cultures". Au regard de la scène artistique, ce sont des lieux intermédiaires ; ils incarnent le maillon manquant entre l'artiste qui se lance et la salle — en France, la jauge moyenne est de 550 places. Pour un artiste ou un groupe, un café-culture ça peut être un lieu de  développement,  de promotion, un show-case ; l'endroit des premiers contacts avec le public ; combien d'artistes, aujourd'hui fameux, ont ainsi démarré.

- Alors, me direz-vous, pourquoi pas plus de cafés-cultures ?
- Et bien, se mêler de culture n'est pas aussi évident qu'il y paraît.

À Quimper, la DRAC "invite" les gérants de bar, organisateurs de spectacles, à se fournir une licence d'entrepreneurs de spectacles ° Le collectif des musiciens lyonnais lance un appel pour la sauvegarde des cafés-concerts °

Les patrons de bar se heurtent à des difficultés de tous ordres quand ils souhaitent organiser des  événements culturels notamment des concerts. 
La première de ces embûches et non des moindres a trait au son. Il va sans dire que les travaux d'insonorisation coûtent cher, sachant qu'il ne suffit plus de protéger le seul voisinage des nuisances sonores mais aussi de ne pas exposer ses salariés à des troubles auditifs. De leur côté, les patrons de bar soulignent la complexité juridique due notamment à  l'hétérogénéité des réglementations. Entre directive européenne ; législations  nationale et locale, ils naviguent en quête d'informations plus claires. Ils dénoncent aussi des mesures du son aléatoires et les outils de mesure parfois singuliers du commissariat du coin.

L'organisation d'événements dans les cafés-cultures pose par ailleurs la question de la rémunération des artistes. Les statuts de l'artiste amateur ou  d'entrepreneur de spectacles occasionnel restent à mieux définir, sachant que le public ne paye pas d'entrée… C'est l'un des chevaux de bataille du collectif Culture Bar-Bars qui  milite pour "la mise en place d'un statut amateur et d'un cadre réglementaire adapté à la réalité des pratiquants et des petits établissements de diffusion".

UN RÉSEAU PRESQUE NATIONAL

Le collectif Culture Bar-Bars compte aujourd'hui des partenaires ("Lieux") dans sept départements mais il existe d'autres de ces petits établissements, en France et à l'étranger. Nos cousins canadiens sont confrontés au même type de problème.

 

Des solutions collectives

Une fois admise l'utilité des cafés-cultures dans notre paysage culturel, reste à trouver des solutions pour leur survie. Durant la synthèse des ateliers,  toute une liste de possibilités ont été proposées par le public et des intervenants, dont des représentants de la Région et de l'État :

- Mise en place de dispositifs d'aides directs à l'emploi artistique
- Aides à l'équipement
- Création d' un guichet unique pour spectacles occasionnels
- Clarification de  la législation.
- Définitions de modes opératoires pour des prises de mesures du son unifiées
- Création d'une fondation
- Organisation dans certaines régions de groupements d'intérêts économiques
- Développement de pratiques culturelles de proximité  :  cluster ; maillage

Ces informations et propositions ont été enregistrées par diverses structures dont l'IRMA. Karine Duquesnoy, chef du bureau de l'emploi DMDTS - Ministère de la Culture et de la Communication - a annoncé la mise en ligne prochaine sur le site du ministère d'un " Guide des obligations sociales". Elle a assuré que l' État travaille pour simplifier les démarches administratives.

Ces cafés qui souhaitent se dédier à la culture ne veulent pas devenir des zones de non-droits. l Et, il semble logique que ces patrons de "cafés-cultures"  se tournent vers la collectivité puisqu'ils sont amenés à lui rendre des comptes :  à se mettre aux normes. En même temps, des esprits s'inquiètent d'une forme d'institutionnalisation, de voir apparaître des cafés-concerts labellisés.  Comment cadrer et en même temps diversifier ?  - Autant relire la fable Le loup et le chien de Jean de La Fontaine : - Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas où vous voulez ?


Mes favoris :

- www.agi-son.org / AGI SON — AGir pour une bonne gestion SONore — est une association qui informe sur les risques de troubles auditifs auxquels s'exposent les professionnelles de la musique vivante. Elle favorise pour cela la prévention. En même temps, elle dénonce  le durcissement à outrance des réglementations.

- www.bar-bars.com / Présentation du collectif  Bar-bars; informations sur des points de législation : statuts des amateurs, des organisateurs, le Festival, Les lieux…

- www.jetfm.asso.fr / Via le Salon d'écoute, vous accéderez au podcast de la synthèse de cette première rencontre nationale des cafés-cultures.

- www.myspace.com/collectifmusicienslyon / Appel du collectif des musiciens lyonnais qui illustre très bien la problématique des cafés-cultures aujourd'hui.

- www.sma-syndicat.org / Syndicat national des petites et moyennes structures non-lucratives de Musique actuelles. Dès la page d'accueil, un lien sur un communiqué relatant les péripéties judiciaires du café-concert le Bistroy, à Lyon.


Mots-clés :  cafés cultures collectif bars-bars bis


Joséphine Lecouédic - Février 2008
Qui sommes-nous ? - Contact - Nous écrire - Publicité - RSS - Plan du site - Festival Only French - Site réalisé parLE-web.fr