FrontiÈre gÉographique
Qui dit frontière dit pays, région ou considération géographique. On serait bien en peine de dire si nous n'écoutons que "ce qui est de chez nous" ou uniquement ce que l'on comprend. Il serait inexact toutefois de prétendre que nous n'écoutons que de la musique occidentale ou américaine, nos lecteurs de CD et autres baladeurs MP3 le confirment. Des mouvements de mode récurrents nous proposent d'ailleurs de découvrir l'identité musicale de pays exotiques. Après, une année dédiée à Cuba, c'est au tour des pays de l'Est, puis celui de l'Inde… Les ouvertures sur le monde musical ne manquent pas. Et, la fameuse musique "de l'Ouest" se métisse volontiers d'influences extérieures. Pourtant, le gros des ventes d'artistes étrangers n'est pas le fait de musiciens indiens ou cubains. Qu'on le veuille ou non, les catalogues et mises en avant de l'univers musical sont pour la plupart des produits made in (ou made for) Occident.
FrontiÈre gÉnÉrationnelle
Papa se serait battu pour avoir les cheveux longs et écouter du rock. Les genres musicaux apparus au XXe siècle furent mis au pilori par nombre de personnes plus âgées, mais portés au pinacle par la majorité des plus jeunes. Le fossé générationnel n’est certainement pas nouveau. Mais, on peut avancer qu’il se comble peu à peu si l'on considère les nombreuses collaborations entre la nouvelle scène et des artistes que les jeunes de moins de 40 ans n'ont pas connu. Henri Salvador, Barbara, Dick Rivers, Salvatore Adamo… Les exemples d’hommages rendus par des jeunes à leurs aînés ne manquent plus. Depuis les quelques disques produits dans les années 90, à la mémoire de Brel et de Brassens, les liens entre la jeune scène française et les chansons d’hier semblent s'être encore consolidés.
Si, hier, jeunes et anciens s’opposaient, aujourd’hui, ils paraissent chanter main dans la main. Cependant, ne nous aveuglons pas avec l’idée réconfortante d’une musique qui agirait comme un ciment social car il n'est pas dit que ces artistes qui dépassent la frontière des âges réussissent à rassembler durablement des publics de générations différentes. |
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FrontiÈre culturelle et sociale
Sont-ils nombreux, les amateurs de hip-hop qui apprécient la musique classique ? Les fans de Blues rencontrent-ils souvent des fous de Techno ? Les goûts et les couleurs varient bien heureusement. Sans musiques, pas de Musique. Mais quelle est la réalité de cette diversité actuelle ?
L’influence sociale et culturelle reste importante et un même genre musical renvoit parfois à des styles et des messages encore différents. Il y a un monde entre le rap adulte et responsable de Mc Solaar et celui de rappeurs plus jeunes et plus énervés. On écoute de l’électro dans les lieux les plus branchés, de la Hard-Tek dans les raves et free-parties, mais ces deux univers ne se rencontrent pas. Le tableau n’est cependant plus noir que celui de notre société.
L'espoir est À nos frontiÈres

Avec le développement du web, on peut penser que certaines frontières seront plus simples à franchir. L'outil Internet sera sans doute utile en permettant aux uns et aux autres de traverser les frontières physiques, culturelles et sociales. Mais, il ne fait aucun doute qu'un changement sera ici le fait des hommes plutôt que de la technique.
L’apparition de nouveautés, le mélange des influences et des styles nous offrent la chance de découvrir et d’apprécier des artistes auxquels nous ne prêterions aucune attention autrement. Et, la jeune génération moins encline à regarder au-delà des flots, dans l’espoir d’une naturalisation anglo-américaine, n’hésite pas à fouiller dans les vieux bacs pour concilier héritage et présent avec beaucoup de talent et de réussite.
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