Scène et Salles / Interview
YÉTI - Le 30 mai 2008 à la Boule Noire
Yéti répond à nos questions avec son accent néerlandais, et son accordéon.
Découverte d'un parcours atypique et d'une artiste singulière, avant la rencontre du 30 mai 2008, pour la douzième édition du Only French Festival.
Les Enchanteurs music : Es-tu arrivée dans la musique par hasard ou par nécessité ?
Jetty Swart alias Yéti : On dit que le hasard n'existe pas... La musique a toujours été présente dans ma vie ; petite, je jouais de la flûte traversière et de l'orgue, j'ai toujours écrit et je rêvais de chanter, mais comme je dessinais bien mieux que je chantais à l'époque (faut dire que je ne chantais pas du tout... et non, je ne faisais qu'en rêver...), je me suis inscrite aux Beaux Arts aux Pays Bas.
Cinq ans plus tard, un diplôme d'infographie dans ma poche, je ne savais qu'une chose : je n'allais pas devenir infographiste.
J'avais envie de faire des court-métrages, d'écrire et illustrer des livres, ou bien faire le tour du monde. Il y avait un tas d'idées, mais tout était beaucoup trop flou pour réaliser quoi que ce soit. En attendant d'avoir les choses plus au clair dans ma tête, je suis partie en vacances avec une copine chanteuse et l'accordéon que je venais d'acheter un an plus tôt (et avec lequel j'avais déjà fait la manche à New York où j'avais essayé de faire designer pendant quelque mois... mais le clavier d'accordéon me plaisait déjà bien plus que celui de l'ordi ! ). On a passé 2 mois dans le sud de la France en jouant sur les terrasses de café et en récoltant des chapeaux assez bien fournis pour vivre. L'idée de passer l'hiver en jouant au soleil dans la rue m'a plu, je me suis installée à Montpellier et aujourd'hui, 14 ans plus tard, j'y suis encore ! (je ne joue plus dans la rue, par contre... d'ailleurs, il y pleut souvent maintenant)
LE-music : L'accordéon est-il un instrument beaucoup utilisé en Hollande ?
Yéti : Beaucoup moins qu'en France. Il y a toutefois une véritable tradition d'accordéon dans la musique populaire néerlandaise qui date des années 50. Dans les années 70, l'accordéon était complètement ringard et il y a eu un revival début des années 90. Un peu comme en France, donc ! Mais la mode de mettre un accordéoniste dans quasiment tous les groupes de chanson n'existe qu'en France.
D'ailleurs, parfois je me dis que j'aurais mieux fait de rester aux Pays Bas, où l'accordéon a encore quelque chose d'original...
LE-music : Tu as fait de nombreuses scènes prestigieuses, que va-t-il se passer maintenant dans ton parcours ?
Yéti : Et bien, il reste encore de nombreuses scènes où je n'ai jamais mis les pieds, j'espère bien les faire un jour ! Pour l'instant, j'ai juste envie de continuer d'écrire de nouvelles chansons et délires avec mon groupe et de jouer un peu partout en France. Et ailleurs aussi ! L'an dernier, on est parti pour une tournée en Pologne où l'on a eu un accueil incroyable par un public qui ne comprenait strictement rien aux paroles (c'est peut-être justement pour ça ...?!). Ça m'a bien fait comprendre qu'on peut passer beaucoup de messages par la musique et par l'interprétation. Bien sûr, j'en étais déjà consciente, mais jusque là, je me forçais toujours à écrire en français, par envie d'intégration et d'être compris mot-à-mot par le public.
Maintenant j'ai besoin de revenir un peu plus à mes racines, de monter un répertoire un peu plus personnel avant d'avoir complètement oublié ma langue maternelle (si, si, ça se perd !). Parallèlement, je viens de monter un nouveau spectacle avec une comédienne, avec des sketches et des chansons, et on espère pouvoir le jouer souvent...
LE-music : Pour Only French, tu te produiras seule. Tu joues également en groupe.
Qu'est-ce qui est le plus grisant ?
Yéti : Musicalement je m'éclate plus avec le groupe, bien sûr ! Je suis entourée par de très bons (et parfois très drôles) musiciens, on se connaît par coeur maintenant et je me sens portée quand on est tous les quatre (avec contrebasse, batterie, sax).
Mais être seule sur scène permet un contact plus direct avec le public, et il y a un côté plus «dangereux» de se produire toute seule, qui est parfois bien excitant !
En plus, ça me permets de jouer dans de tout petits lieux comme le Limonaire ou de jouer tout court quand il n'y a pas le budget pour faire venir les collègues.
J'aime beaucoup le côté intimiste quand je suis en solo et les deux spectacles sont pour moi complètement différents, bien qu'il y ait beaucoup de chansons en commun.
LE-music : Ton dernier CD s'appelle "Tapisserie". Pourquoi ?
Tapisserie est le titre d'un des morceaux clés de l'album, qui parle d'une femme plutôt genre à faire tapisserie mais qui rêve d'être une héroïne. Un thème assez universel, je pense ?
En plus, ce titre nous a permis un bon délire visuel. En collaboration avec l'excellent infographiste Philippe Mayer, je me suis régalée à travailler sur la pochette d'album. Au moins, ma formation de base n'a pas été complètement inutile...
LE-music : Il est distribué par Mosaïc Music.
Comment s'est fait cette rencontre ?
Yéti : Hihi... J'avoue que la rencontre n'a jamais eu lieu. Aujourd'hui on arrive à travailler avec des gens sans les connaître ! Mais la connexion a été faite par un intermédiaire que je connaissais déjà : Pascal Portugues des Indépendants à Montpellier, une personne qui se bouge énormément pour les artistes pas signés. Il organise des soirées, connecte des gens, est rédacteur d'un magazine musical (Idem), produit, supporte et accompagne des groupes, bref, il fait parti des gens qui mènent trois vies en une.
LE-music : Que dire à nos lecteurs pour les faire venir au festival Only French ?
Yéti : Alors, c'est simple : ça va être une sacré belle soirée ! Un festival Only French où il n'y a pas que des French, je pense que ça veut déjà dire quelque chose sur l'ouverture d'esprit. Je n'ai pas encore vu les autres chanteurs sur scène, mais ce que j'ai entendu d'eux me donne bien envie et puis, merde, il faut se bouger pour découvrir les bonnes choses !
>> le site de Yéti : lecrideyeti.free.fr
>> A lire : l'interview de Mike Carley
La Rédaction - 28 avril 2008
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